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Ford focus ken block : histoire d’une compacte devenue icône du gymkhana

Ford focus ken block : histoire d’une compacte devenue icône du gymkhana

Ford focus ken block : histoire d’une compacte devenue icône du gymkhana

De compacte de monsieur Tout-le-Monde à star de YouTube

La Ford Focus, à la base, c’est la compacte que tu croises tous les jours sur le périph’, en VTC, en voiture de société ou devant Carrefour. Rien de plus banal.

Et puis un jour, un certain Ken Block a décidé de la transformer en arme de gymkhana. Résultat : des millions de vues, des donuts au millimètre autour de poteaux, et une image complètement différente pour la Focus, surtout dans ses versions sportives ST et RS.

Dans cet article, on va voir :

Ken Block : du snowboard aux dérives millimétrées

Avant de parler Focus, il faut situer le bonhomme. Ken Block, ce n’est pas juste “un gars qui fait des drifts pour YouTube”. C’est un entrepreneur (cofondateur de DC Shoes), pilote de rallye, et surtout un communicant de génie qui a inventé un format : le gymkhana moderne en vidéo ultra-cinématographique.

Le principe : un parcours urbain ou industriel, un seul pilote, une voiture survitaminée, et des figures de pilotage en chaîne :

Tout ça calibré pour la caméra, avec un gros travail de montage, de son, de lieux emblématiques (San Francisco, Dubaï, Londres…) et des voitures qui deviennent aussi célèbres que lui.

Pourquoi la Focus est devenue l’arme de Ken Block

On aurait pu imaginer Ken Block en Lancer Evo ou en Subaru pour toujours. D’ailleurs, au début, il roulait en Subaru Impreza WRX STI. Mais Ford est arrivé avec un chèque… et surtout une base technique très intéressante.

La Ford Focus, à la base, coche plusieurs cases pour ce genre de délire :

Avec Block, Ford a vu une vitrine mondiale pour vendre du rêve “RS” et relier l’image du rallye à une auto qui, en réalité, emmène surtout les gamins à l’école.

La première vague : Focus RS Mk2 et naissance de la “Hoonigan Focus”

La première Focus qui marque l’ère Block, c’est la Focus RS Mk2 (génération 2009–2011), dans une version de rallye et de gymkhana profondément modifiée.

Sur la route, cette RS c’était déjà :

Chez Block, on passe dans une autre dimension :

Ce n’est plus vraiment une Focus. C’est un proto déguisé en Focus. Mais visuellement, l’effet est là : tu reconnais la compacte bleue/verte Ford, tu vois ce qu’elle est capable de faire, et ton cerveau fait le raccourci avec la RS du catalogue.

Focus RS RX : la compacte qui met des claques aux supercars

Le gros basculement, c’est avec la Focus RS RX, basée sur la Focus Mk3 (2015‑2018), développée pour le championnat du monde de rallycross (FIA World RX) et pour Gymkhana 8 et 9.

Là, on quitte définitivement le territoire “préparation poussée” pour entrer dans la catégorie “monstre de laboratoire”. Sur le papier :

Le châssis est élargi, la carrosserie est en matériaux composites, l’aéro est pensée pour appuyer en glisse, et tout l’habitacle est réduit à l’essentiel : volant, harnais, extincteur, commandes. Rien de superflu.

Dans Gymkhana 8 (tourné à Dubaï) par exemple, la Focus RS RX devient une sorte de jouet télécommandé à l’échelle 1 : elle enchaîne les donuts autour de voitures de luxe stationnées, drifte à quelques centimètres des murs et des camions, se lance à pleine balle dans des avenues désertes entre des gratte-ciel.

Qu’est-ce qui rend cette Focus si efficace en gymkhana ?

Au-delà de la puissance brute, il y a trois gros ingrédients qui font de la Focus de Block une arme de gymkhana :

Et derrière, il y a surtout un point souvent oublié : la fiabilité. Une auto de gymkhana encaisse :

Si le bloc, la boîte ou la transmission ne tiennent pas la séance, tu n’as pas de vidéo. Ford et les équipes de préparation (M‑Sport, Hoonigan Racing Division) ont donc construit une Focus qui, sous stéroïdes, restait capable d’enchaîner les prises sans casser à tout-va.

Ce que Ken Block a changé pour l’image de la Focus RS

Côté marketing, Ford a tout de suite compris le filon : chaque fois que tu voyais Block balancer sa Focus RX à 150 km/h de travers entre deux containers, tu pensais à la Focus RS de série exposée en concession.

Et la RS Mk3, justement, reprenait des choses très parlantes pour les passionnés :

Évidemment, une RS de série n’est pas une RS RX de rallycross. Mais pour le conducteur lambda, l’impact est là :

Concrètement, ça donne quoi si on compare Focus de Block et Focus de série ?

Pour remettre les choses au clair, voilà un comparatif très simple :

En gros, la Focus RS de Ken Block et la tienne ont un air de famille, mais elles ne vivent pas dans le même monde. La première est une vitrine technologique et marketing, la seconde reste une sportive routière, utilisable tous les jours si tu acceptes ses défauts.

L’héritage pour les passionnés : qu’est-ce qui reste en 2024 ?

Ford a arrêté la Focus RS et la Focus thermique en Europe, sous la pression des normes CO₂ et de la transition électrique. Donc non, tu ne pourras plus commander une Focus RS neuve en concession et espérer faire ton Ken Block au rond-point du coin (et c’est pas plus mal pour les bordures…).

Mais l’héritage est bien là :

Pour un conducteur lambda, l’apport principal, c’est ça : des voitures de série qui assument davantage leur côté joueur, sans se cacher derrière des discours aseptisés. Ford n’a pas eu peur d’écrire “Drift Mode” sur un bouton. Sans l’aura médiatique de la Focus de Block, ce genre de choix marketing aurait été beaucoup plus risqué.

Ken Block, Ford et la fin d’une époque

La collaboration entre Ken Block et Ford a duré plus de 10 ans. Elle a donné naissance à plusieurs Focus de gymkhana, mais aussi à la Mustang Hoonicorn, au F‑150 RaptorTRAX, etc.

En 2021, Block a quitté Ford pour s’orienter vers d’autres marques (Audi notamment, avec des projets électriques spectaculaires). Et en 2023, son décès en motoneige a mis un terme brutal à cette aventure humaine et sportive.

Pour Ford, la Focus de Block reste une carte de visite géante :

Pour les fans de la Focus, ça restera l’âge d’or : celui où une compacte à hayon pouvait devenir, avec quelques (gros) millions de dollars et beaucoup d’ingénierie, une machine capable de ridiculiser en image les supercars les plus chères.

Et toi, qu’est-ce que tu peux en tirer, aujourd’hui ?

Si tu es en train de lire ça, tu n’es probablement pas en train de configurer une Focus RX de 600 ch pour faire un tournage dans un port industriel. Mais tu peux quand même retenir quelques éléments concrets :

En résumé, la Ford Focus de Ken Block, c’est l’exemple parfait d’une compacte banale devenue icône, non pas parce qu’elle est née “supercar”, mais parce qu’elle avait une base solide qu’on a poussée à l’extrême. Et c’est exactement ce qui fait qu’aujourd’hui encore, une belle Focus ST ou RS bien entretenue reste un choix très pertinent pour qui cherche une voiture fun, efficace, et avec un vrai patrimoine sportif derrière son badge.

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